SCANDALE DES FRAIS BANCAIRES !

 

patrice de cassini

P. de Cassini

Pourquoi les banques sont-elles si agressives pour collecter l’épargne des ménages ? Dans un marché financier où les taux sont particulièrement bas, les banques ne peuvent plus espérer gagner beaucoup sur les soldes non rémunérés ou sur le différentiel de taux des livrets et comptes à terme. En outre, toutes leurs commissions sur la gestion des comptes courants, sur les découverts ou autres crédits sont épluchées par les clients et surveillés par les associations de consommateurs ou d’usagers. En revanche, sur les opérations boursières et en particulier sur les OPCVM, l’opacité règne et l’absence de connaissance des clients sur ces opérations est une manne qu’elles exploitent largement.

Les couts d’exécution des ordres de bourse sur les titres cotés sont encadrés par une concurrence sévère, et même s’ils sont plus élevés en France qu’en Grande Bretagne, ils restent entre 0,20% et 0,50% à un niveau raisonnable. Il en est tout autrement des frais prélevés sur les souscriptions des OPCVM. Les « droits d’entrée », lorsqu’ils sont prévus par les règlements de ces fonds, sont perçus par la société de gestion qui gère le fonds et rétrocédés intégralement la plupart du temps au commercialisateur. Mais si l’on voit bien le travail fait par un conseiller financier qui étudie avec son client ses objectifs, recherche les produits adaptés,  et propose un OPCVM spécifique, on ne voit pas la justification d’une rémunération pour l’exécution d’un ordre d’achat passé par un client à sa banque sur un OPCVM qu’il a lui-même sélectionné (avec l’aide de www.placermonargent.fr).

Les banques perçoivent aujourd’hui à titre de « commission », outre la commission fixe d’exécution, des « droits d’entrée », souvent au maximum (5%) de ce qu’autorise le règlement du fonds, y compris parfois sur les produits « maison ». Les clients peu attentifs ou ignorant ces pratiques ne se rendent pas compte de la perte de performance que cela représente. Les banques ne cachent pas que leurs récents résultats financiers sont dus en grande partie à cette collecte d’épargne.

Il faut dire qu’aujourd’hui, malgré la mise en place d’un code ISIN qui permet à toute personne d’acquérir n’importe quel OPCVM de la place, il n’y a pas de véritable marché des OPCVM et de réelle transparence sur les couts d’acquisition. C’est pourquoi, nous vous conseillons toujours de négocier ces « droits d’entrée » en vérifiant d’abord auprès de la société qui gère le fonds si elle a un accord de commercialisation avec votre banque teneur de compte prévoyant sa rémunération, ou si elle demande pour elle-même des droits d’entrée.

Certains fonds sont, de fait, réservés aux investisseurs institutionnels ; des montants de part élevés, des souscriptions minimum et un niveau de frais affichés d’entrée ou de sortie suffisent à exclure les particuliers. Il n’est en revanche pas acceptable et contraire à la réglementation qui impose « d’agir d’une manière honnête, loyale et professionnelle qui serve au mieux les intérêts du client » de capter, au passage de l’ordre d’un client particulier, une commission qui ne rémunère aucun travail particulier. A quand une banque « teneur de compte titres » qui acceptera de traiter les OPCVM comme les actions cotées ?

Les économistes se plaignent du faible appétit des particuliers pour les produits boursiers, mais les frais de toute sorte que les banques leur appliquent est un frein de plus à leur acquisition.

A bientôt sur placermonargent.fr

Patrice,

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